La Passion de Simone

LPDS_©CAE
Chemin musical en quinze stations (2013)

Oratorio de Kaija Saariaho sur un texte d’Amin Maalouf (2006)
Création de la version de chambre
réalisée par la compositrice (2013)

 

Direction scénique  Aleksi Barrière
Direction musicale  Clément Mao-Takacs
Scénographie et régie générale  Pauline Squelbut
Lumières  Étienne Exbrayat
Costumes  Liisa Nieminen

Soprano solo   Sayuri Araida
Ensemble vocal  Sandra DarcelMarianne SeleskovitchJohan ViauFlorent Baffi / Romain Dayez
Comédienne  Isabelle Seleskovitch
Ensemble instrumental  Secession Orchestra (19 musiciens)

Durée : 70’

Première le 14 novembre 2013 à Bratislava dans le cadre du Festival Melos-Ethos.

Une coproduction de La Chambre aux échos, du Music Centre Slovakia et du Festival de Saint-Denis, avec le soutien de l’Adami et de la Spedidam.

L’œuvre d’un grand romancier et d’une des plus talentueuses compositrices orchestrales et vocales vivantes, La Passion de Simone n’a pas été écrite pour la scène. Mais elle contient tous les éléments d’un théâtre imaginaire et collectif : une femme, dont on ne sait rien sinon qu’elle est notre contemporaine, s’interroge sur le parcours de vie de Simone Weil (1909-1943) et se demande ce qu’elle peut retenir de cette « traversée lumineuse » d’une philosophe et activiste qui, sans concession, s’est efforcée de vivre l’oppression et la violence dont étaient victimes ses frères humains, pour mieux la comprendre et la combattre. Ce monologue est hanté par la voix pensante de Simone Weil elle-même, absente/présente sous la forme d’une comédienne, par un ensemble vocal de quatre personnes qui sont « les autres » au sens large, victimes et témoins passés et présents de l’oppression humaine, et un orchestre de chambre qui accompagne ces tableaux et ces méditations comme un paysage intérieur. Tous ces interprètes sont réunis dans un seul espace dépouillé, non pour illustrer une biographie, mais « refaire en pensée le chemin [d’une] agonie ». Nous ne sommes pas conviés à être spectateurs d’un drame, mais à participer à une prière agnostique autour de notre mémoire et de nos valeurs collectives, telles que cristallisées par l’intransigeance et la soif d’absolu d’un individu hors-norme. La musique est, en définitive, la forme la plus pure de théâtre.

Reprises
– 7 et 8 octobre 2018 au Théâtre Graslin (Opéra Angers-Nantes) avec l’Orchestre National des Pays de la Loire.
– 31 mai 2017 au Bergen International Festival
en collaboration avec BIT20 Ensemble.
– 19 et 20 novembre 2016 au Gerald W Lynch Theater (New York City)
en collaboration avec ICE Ensemble et Mannes School of Music.
– 28 janvier 2016 à la Biennale NJORD à Copenhague (Danemark)
en collaboration avec Avanti! Chamber Orchestra.
– 14 novembre 2014 à la Comédie de Clermont / Centre Lyrique Clermont-Auvergne.
– 27 mai 2014 au Festival de Saint-Denis.
– 17 mai 2014 au Festival KODY à Lublin (Pologne).

Notes de programme (PDF)

Quelques échos...

« J’ai eu la joie d’assister à New York, en novembre 2016, à une nouvelle production de La Passion de Simone, créée dix ans plus tôt à Vienne. Remarquablement servie — dans la mise en scène, dans la direction musicale, comme dans l’interprétation — par une équipe jeune, dédiée, talentueuse et inventive, cette représentation a été, pour tous ceux qui ont eu la chance d’y assister, un moment de plaisir esthétique autant qu’une méditation poignante sur l’Histoire, sur les temps présents, et sur la condition humaine. »
(Amin Maalouf)

« A poignant production »
(The Economist)

« Secession Orchestra était placé sous la direction concentrée et attentive de Clément Mao-Takacs. (…) Le jeune metteur en scène Aleksi Barrière (…) a imaginé en collaboration avec Pauline Squelbut un dispositif efficace. (…) Tout est traité avec sobriété, dans le respect d’un certain hiératisme, afin de composer des tableaux qui suggèrent et concentrent l’émotion. »
(Rémy Louis, Diapason)

« … Clément Mao-Takacs maîtrisait au superlatif son sujet à la tête de l’ensemble instrumental Secession Orchestra. (…) Soutenue par les lumières tout aussi minimalistes d’Etienne Exbrayat, la mise en scène dépouillée et exigeante d’Aleksi Barrière traduisait au plus près l’intimisme teinté d’une subtile spiritualité du livret »
(Roland Duclos, forumopera.com)

« … écrin de timbres ciselé par le chef Clément Mao-Takacs et son Secession Orchestra. (…) Tout aussi rigoureuse et économe est la mise en scène d’Aleksi Barrière (…) L’on est sorti galvanisé et étrangement léger de cette Passion de Simone. »
(Éric Dahan, Libération)

« Il semble qu’il y a chez Aleksi Barrière, tout comme chez Peter Sellars (le premier metteur en scène de la Passion) la volonté d’intégrer la représentation théâtrale à la vie du spectateur : le décloisonnement entre ce qui se passe sur scène et ce qui se passe dans le public, à travers ce principe de coulisses visibles, offre le parfait écrin à l’évocation de Simone Weil, canonisée par cette œuvre. »
(Christophe Dilys, Classicagenda)

« L’exécution donnée à la Basilique de Saint-Denis, en prélude au Festival annuel, propose plus qu’une mise en espace, une vraie présentation scénique. (…) Des éclairages étudiés sur l’environnement architectural et des projections en arrière plan (…) parachèvent une visualisation intelligente. Une direction d’acteurs discrète mais efficace confirme l’impression de déroulement d’un rituel, ponctué de superbes arrêts sur image. (…) La vingtaine de solistes du Secession Orchestra, sous la direction précise et attentive de Clément Mao-Takacs enluminent une partition plus qu’attachante. »
(Jean-Pierre Robert, L’éducation musicale)