Le 22 mai 2025, La Chambre aux échos présente à l’Institut finlandais de Paris une soirée littéraire et musicale autour de la poétesse finlandaise Eeva-Liisa Manner, à l’occasion de la parution de ses deux derniers recueils en français.
Eeva-Liisa Manner (1921 – 1995) a marqué la poésie finlandaise et mondiale de sa voix singulière. Ses deux derniers recueils, Voiliers fuyez à voiles légères et Les eaux mortes, écrits dans le climat de violence politique des années 1970, interrogent ce que peut la poésie en explorant des « mythologies personnelles et collectives ». Deux traversées de la mémoire intime et historique aujourd’hui traduites pour la première fois en langue étrangère (éd. L’extrême contemporain, 2024).
À l’occasion de cette parution, l’Institut finlandais accueille en discussion le traducteur Aleksi Barrière, l’éditeur Alphonse Clarou et le chercheur Harri Veivo pour présenter Manner et son univers. La comédienne Julie Hega, la violoniste Irma Niskanen et la violoncelliste Juuli Holma proposent en regard un voyage sensoriel par les textes et la musique là où la poétesse souhaite nous emmener : « de l’autre côté du miroir ».

Générique complet
Conception et présentation
Aleksi Barrière
Lectures en français
Julie Hega
Violon
Irma Niskanen
Violoncelle
Juuli Holma
Intervenants
Alphonse Clarou & Harri Veivo
Œuvres musicales de Jean-Sébastien Bach, Sofia Gubaidulina, Diego Ortiz, Kaija Saariaho et Jörg Widmann.

À propos d’Eeva-Liisa Manner
Eeva-Liisa Manner (1921 – 1995) fut une poétesse, romancière, dramaturge et traductrice majeure du 20e siècle. Reconnue depuis son recueil Tämä matka (Ce voyage, 1956) comme une figure de proue du mouvement moderniste finlandais, elle a développé une écriture personnelle, infusée de musique, qui explore par les images les méandres de la mémoire intime et collective. Derrière l’apparence d’une poésie contemplative, qui fait la part belle aux paysages et aux saisons, Manner se confronte dans ses écrits à son époque et à ses refoulés, ceux des mythes et de l’histoire. Les thèmes de l’enfance, de la folie et de la mort y sont introspectifs, mais aussi le lieu d’une résistance par les mots aux conformismes, aux dictatures et aux pulsions guerrières. Elle-même réfugiée de Carélie et marquée par la guerre, Manner écrit contre les « vainqueurs », en prêtant sa voix aux marginaux, aux aliénés et à tout ce qui n’existe qu’à la lisière du silence. Son dialogue permanent avec les auteurs d’autres horizons et son travail majeur de traductrice concrétisent sa vie durant son engagement en faveur d’une solidarité par la poésie. Ses deux derniers recueils, Voiliers fuyez à voiles légères et Les eaux mortes, portent les différentes composantes de son travail à leur point culminant – voyages littéraires récapitulant les thèmes qui l’obsèdent, ils forment ainsi son testament d’écrivaine.
Lire les notes d’Aleksi Barrière :