Collaboration

The King is Dead !

80 min

Théâtremusique

Première

29 août 2024

Lieu

Cathédrale d’Espoo, Finlande

Production par le festival Urkuyö ja Aaria
En collaboration avec La Chambre aux échos

“Blue-​yellow-​green is the world like a chained man’s bruise”

Conçu et mise en scène par Aleksi Barrière, le spectacle The King is Dead ! combine les Huit chansons pour un roi fou de Peter Maxwell Davies et le Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen – deux chefs‑d’œuvre qui, du fond de l’abîme de l’horreur de leur temps, ont su entendre le chant des oiseaux. Créé dans un camp de prisonniers de guerre allemand en 1941, le Quatuor pour la fin du temps parle de lumière au milieu des ténèbres et trouve son miroir sombre dans les Eight songs, plongée dans la tête d’un roi qui s’effondre – ou un roi parmi les prisonniers peut-​être ? Les œuvres sont présentées entrelacés dans une alternance mouvement par mouvement.

À partir de 1788, George III, roi de Grande-​Bretagne et d’Irlande, a commencé à subir des épisodes d’une forme de trouble bipolaire. En raison de son statut, par compassion (et parfois par soif de ragots), ses paroles ont été notées et perpétuées, jusqu’à servir de base au monodrame empathique de Randolph Stow et Peter Maxwell Davies, Eight Songs for a Mad King (1969).

En 1940, Olivier Messiaen fait partie des nombreux Français envoyés au front, capturés par la Wehrmacht et détenus dans un camp de prisonniers de guerre. Parce qu’il est reconnu comme un compositeur réputé, on lui donne l’occasion d’éviter le travail forcé et de se consacrer à la place à la création d’une composition destinée à être jouée dans le stalag – l’une des nombreuses manifestations culturelles organisées dans de tels contextes pour les yeux du monde. Messiaen a profité de cette chance pour écrire un Quatuor pour la fin du temps, plein d’images apocalyptiques, teintées d’espoir messianique pour une fin à la catastrophe de l’Histoire.

Compte tenu des circonstances, le simple fait que ces œuvres existent relève du miracle. Mais ce miracle n’est pas une coïncidence : il a été rendu possible par la convergence d’intérêts et de normes sociales qui accordent une valeur particulière à la parole d’un roi et à celle d’un artiste, par opposition à celle de la plupart des malades mentaux et de détenus anonymes. À travers le contexte de leur création, les deux pièces touchent au cœur de l’un de nos plus grands tabous : que vaut une vie humaine si elle est jugée improductive ? Sous le Troisième Reich, tous ceux qui ne pouvaient pas participer à l’économie (y compris par le travail forcé) étaient rapidement ostracisés comme « poids morts » et « vies indignes d’être vécues ». Les malades mentaux furent l’archétype et les premières victimes de cette logique, mise en pratique par des lois eugénistes dès 1933.

Messiaen et Davies nous font voir la violence qui se cache dans l’obscurité où les parias sont enfermés ; mais en élargissant nos notions de rythme et de couleur grâce à leur intérêt commun pour la musique traditionnelle indienne, ils dévoilent également un aperçu d’une temporalité intemporelle qu’ignore largement notre civilisation de la surproduction. Comme l’écrit Messiaen : « L’abîme, c’est le Temps, avec ses tristesses, ses lassitudes. Les oiseaux, c’est le contraire du Temps : c’est notre désir de lumière, d’étoiles, d’arc en ciel et de jubilantes vocalises ! »

Aleksi Barrière

L’équipe

Concept et Réalisation

La Chambre aux échos

Musique

Peter Maxwell Davies & Olivier Messiaen

Dramaturgie, Mise en scène, Scénographie

Aleksi Barrière

Lumières, Scénographie

Étienne Exbrayat

Graphisme (costume)

Lucia Schmidt

Baryton

Holger Falk

Direction musicale (Davies)

Jukka Untamala

Ensemble

Jenny Villanen (flûte), Olli Leppäniemi (clarinette), Eriikka Maalismaa (violon), Markus Hohti (violoncelle), Kirill Kozlovski (piano), Xavi Castelló (percussions)

Programmation

29 août 2024

Festival Ukuyö ja Aaria, Finland

Créons ensemble.

Vous cherchez à programmer une création musique/théâtre, un événement musical ?